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21h37, samedi soir à l'Elysée
Pour bien marquer l’historique de l’événement, la première chaîne de télévision française n’hésita pas à interrompre l’émission des cent plus grands vidéo gags diffusés à la télévision dont se délectait notre cher président de la République en pleine récupération après un voyage au long cours dans le pays du soleil levant.

La tâche de rédiger le discours présidentiel de circonstance fut confiée immédiatement au secrétaire de permanence à l’Elysée, ce samedi soir.

Ce dernier n’avait pas beaucoup d’inspiration. Il griffonna sans passion quelques lignes sur son calepin. Il eût alors une idée magistrale. Il contacta Régis Debray, le président de l’institut européen des sciences des religions.

Quelques minutes plus tard, ce dernier lui envoya par fax les notes suivantes : *
Les moments de deuil ne sont pas propices à l’examen critique, à l’inventaire, au recul historique.

Les médias se consacrent eux-mêmes en mettant en avant leur principal héros l’homme qui a été le plus photographié, le plus filmé du monde, ces vingt dernières années.

Je ressens un certain malaise.

Le pape est une fonction. C’est la fonction que l’on peut respecter. Mais ce culte de la personnalité me semble relever d’un phénomène païen.

Je suis frappé par le ton dévotieux, unanimiste, acritique des commentaires.

Le pape était un personnage délibérément ambivalent, ambigu, à la fois gauche et droite, audacieux et conservateur, télescopant le neuf et le vieux.

C’était un homme qui prenait partie pour les pauvres tout en faisant le désespoir des femmes. Il a intronisé l’opus Dei tout en vitupérant le libéralisme financier.

L’aura du messager diminue le sérieux du message. A force d’insister sur le vu, on oublie le livre. On oublie même l’institution.

La personnalisation outrancière de l’autorité charismatique me semble relever d’une sorte de bonapartisme télévisuel qui consiste à court-circuiter les instances militantes, les organes locaux de l’Eglise servante et pauvre.

Il y a un phénomène, qui ne concerne pas seulement le pape, mais aussi tous les états, les partis, les syndicats : un peu trop de chefs, et pas assez de militants.

Jean-Paul II illustrait parfaitement ce retour aux sources doctrinaires et un élan médiateur mondialisant. Voilà le tête-à-queue de notre village global qui est à la fois identitaire et planétaire. Il était les deux.
Le secrétaire était ravi par le travail du philosophe. Il le recopia tel quel sur son ordinateur en ajoutant « Mes très chers compatriotes » au début du paragraphe et « Vive la France » à la fin. Il imprima le document et le déposa sur le palier menant aux appartements privés de notre président.

Malheureusement, au petit matin,se préparant pour les Laudes, sainte Bernadette le découvrit. Elle lut avec stupeur le texte et fit un grand signe de croix. Elle fit réveiller le secrétaire pour qu’il recommence sa rédaction en suivant cette fois-ci ses instructions.

Quand notre président, quelques heures plus tard, se rendit dans le studio d’enregistrement, il récita avec talent sur le prompteur un texte beaucoup plus officiel.

*: Véritables commentaires de Régis Debray sur France Inter ce lundi matin.
Ecrit par Raskolnikov, le Lundi 4 Avril 2005, 15:55 dans la rubrique "Actualités".


Commentaires :

  Anonyme
04-04-05
à 16:56

Lien croisé

Entre mer et maquis - Le défilé des hypocrites : " Sur ce billet on trouve une excellente description de l'ambiguité qui a caractérisé le pontificat de Jean Paul II. "