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L’Antarctique, les manchots et la guide

Est sorti cette semaine, sur tous les écrans, le film documentaire de Luc Jacquet, La Marche de l’empereur, tourné dans l’infini du continent blanc. L’Antarctique n’appartient à personne. Aucun pays ne peut y revendiquer un territoire. Il est réservé à la paix et aux scientifiques. Jamais un militaire n’y a planté un drapeau. Les ours polaires n’y vivent pas. En effet, on ne les trouve qu’en Arctique.  Le pôle sud est le royaume des manchots, ces oiseaux agiles dans l’eau, mais titubant sur la glace. Une équipe de cinéma a observé de longs mois le manchot empereur qui chaque année accomplit un véritable périple sur la banquise pour aller s’accoupler. Les images du film sont magnifiques. Seul bémol, des voix off et une musique électrique nous empêchent de rêver totalement.

 

J’ai eu la chance d’aller passer deux semaines en Argentine au mois d’octobre dernier. Je me suis arrêté trois jours dans la péninsule Valdes où viennent mettre bas les baleines à l’abri des courants froids. A quelques heures de bus de là, se trouve une des plus belles colonies de manchots du monde : Punta Tombo. Ici, s’éparpillent de septembre à avril les manchots de Magellan, plus petits que les manchots empereur, mais tout aussi délicats. Cet animal ne redoute pas l’homme. Il le laisse se promener dans les dunes où les œufs sont couverts avec délicatesse tantôt par le mâle, tantôt par la femelle. Chaque année, le couple, qui se voue une fidélité à faire pâlir l’Eglise d’envie, revient exactement au même endroit pour pondre. Les plus forts ont généralement vue sur la mer tandis que les moins costauds sont repoussés dans la banlieue moins sûre. Exactement comme dans la société des hommes.

 

Je me souviens de la jeune guide argentine qui s’était occupée de nous. Elle ressemblait étrangement à Gabriella Sabatini, le regard noir, la chevelure drue et des kilos superflus. Elle nous exhibait gracieusement son nombril pendant ses explications savantes sur la faune et la flore. Elle portait une espèce de tristesse sur les épaules, comme si quelque chose l’empêchait d’être heureuse. Au moment de nous quitter, elle affirma avec fierté habiter Trelew, une ville sans éclats où a été construit l’aéroport de la région.


Je nous imaginai déjà en pleine reproduction.

Ecrit par Raskolnikov, le Vendredi 28 Janvier 2005, 18:07 dans la rubrique "Actualités".