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Sur le pavé parisien
L’autre jour, sur le pavé parisien, me dirigeant en direction de la gare Montparnasse afin de récupérer mon train, je fus troublé dans mes pensées par les coups de sifflets d’un motard gendarme ouvrant la voie pour le passage d’un cortège officiel. Des voitures luxueuses le suivaient à toute vitesse sans laisser la moindre chance au passant d’apercevoir au travers les fenêtres teintées des véhicules la ou les personnalités bénéficiant de ce privilège de la route. J’imaginai un certain ministre de l’intérieur entouré de ses conseillers réclamant toujours plus de rapidité pour rejoindre au plus vite son bureau ministériel. Il ne doit même plus faire attention à la tête médusée de l’anonyme qui tourne son regard dans la cohue. Un sentiment d’honneur sous couvert de la maréchaussée donne forcément un goût de puissance. Il est un seigneur moderne craint et respecté. Car à quoi peut-il courir d’autre que vers cette supériorité hiérarchique dans la foule vulgaire?

C’est l’élu de la médiocratie à l’heure de la confusion.

Car l’homme politique se conduit désormais en syndic qui gère les offrandes publiques. Il fait son cinéma en travaillant son image de promesses. Il n’a peur de rien, surtout pas de monter en haut d’une estrade face à des admirateurs afin de proclamer un discours écrit par un autre. Il ne tremble pas en lâchant quelques mensonges. Son cerveau, phagocyté dans une école pour élites, ne déraillera jamais. Il maîtrise parfaitement toutes les techniques pour réagir devant l’imprévu. Il ne dort que quelques heures par nuit. Cela lui suffit pour impressionner l’homme de la rue.

J’ai revu dernièrement ces images pathétiques de la dernière élection présidentielle. En pleine campagne électorale, tout à tour, le premier ministre socialiste affichant de très bons résultats économiques, puis le président de la République troublant la cohabitation qu’il avait provoquée, se retrouvent face à un cortège de syndicalistes défendant leurs emplois menacés. Le premier essuiera un camouflet devant les caméras de télévision. Il ne peut cacher son impuissance. Il n’a aucun pouvoir de riposte pour contrer le patronat quand un conseil d’administration a décidé de fermer une usine. Le second, plus roublard, emmène les syndicalistes hors champ. Il les écoute avec une moue empathique. Il leur conseille de se retourner vers le premier ministre, son adversaire, pour trouver une solution sociale. Au final, les syndicalistes se retrouveront au chômage, et le président sera réélu bruyamment.

En ce jour de grève, les syndicats corporatistes bloquent les services publics au nom de la défense de l’emploi et du pouvoir d’achat. Ils se tournent vers les hommes politiques ayant les rênes du pays en main. Ils veulent leur faire peur, leur mettre la pression afin qu’ils ne viennent pas picorer dans les acquis sociaux.

Je marche sur le pavé parisien en croisant un défilé CGT. Je ne sais pas pourquoi, mais, à mon corps défendant, je ressens la même distance que devant le cortège VIP. Ces hommes qui crient contre ceux qui les gouvernent ne semblent pas appartenir à mon monde. Ils sont encore dans les trente glorieuses. Ils ne respirent pas la peur au ventre du chômage. Ils attendent paisiblement une retraite précoce pour finir en beauté leurs vieux jours. Leur patron, c'est l'Etat et non pas l'actionnaire.

L’homme politique ne peut plus rien pour moi dans ce monde en fuite. Je n’attends rien de lui. Je ne lui demande même pas de faire semblant de baisser les impôts. De toute façon, il n’est pas prêt de réduire les coûts de sa sécurité quand il se déplace dans sa voiture de luxe. Il sait parfaitement tirer à son profit les deniers du contribuable. Il suffit de se pencher sur les 80 millions d'euros dépensés annuellement par l'Elysée.
Et le syndicaliste fonctionnaire est devenu son complice, Il maintient à niveau, aux yeux de l'opinion, son importance dans cette mauvaise comédie qu'est la mondialisation.
Tant qu'il existera des paradis fiscaux, l'argent restera le seul gouvernant du monde.
Ecrit par Raskolnikov, le Mardi 4 Octobre 2005, 16:58 dans la rubrique "Actualités".


Commentaires :

  Thierry
06-10-05
à 14:16

Le maître de la vigne

..."Ces derniers n´ont travaillé qu´une heure, et tu les traites à l´égal de nous, qui avons supporté la fatigue du jour et la chaleur".

Il répondit à l´un d´eux: "Mon ami, je ne te fais pas tort; n´es-tu pas convenu avec moi d´un denier ?"

"Prends ce qui te revient, et va-t´en. Je veux donner à ce dernier autant qu´à toi".

"Ne m´est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux? Ou vois-tu de mauvais oeil que je sois bon ?"

Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers....

- Matthieu [20-1], ancien testament